Débats

28e JOURNÉE DU LIVRE POLITIQUe

 
 

DÉBAT N°1

Demande d’autorité, revendications identitaires : même combat ?

Animé par Carole Barjon, éditorialiste politique, chef du pôle Dissensus, L’Obs


DÉBAT N°2

Peuple et démocratie, quel malentendu !

Animé par Françoise Fressoz, éditorialiste, Le Monde 


DÉBAT N°3

XXIème siècle, la grande fatigue démocratique ? 

Animé par Michèle Cotta, éditorialiste, essayiste


DÉBAT N°4


Liberté individuelle, liberté des peuples : peut-on être libre hors démocratie ?

Animé par Arlette Chabot, éditorialiste, LCI


 

DÉBAT N°2-10h40

Peuple et démocratie, quel malentendu !


Animé par Françoise Fressoz, éditorialiste, Le Monde avec :

Florian Bachelier, Premier Questeur de l’Assemblée nationale, Député (LaREM) de la 8ème circonscription d’Ille-et-Vilaine ; Alexis Corbière, député (FI) de la 7ème circonscription de Seine-Saint-Denis ; Dominique Reynié, professeur des universités à Sciences Po, directeur général de la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol) ; Dominique Schnapper, sociologue, politologue, ancienne membre du Conseil constitutionnel


La populace ne peut faire que des émeutes. Pour faire une révolution il faut le peuple”. En exaltant ainsi le peuple et en dénonçant son double dangereux, cette citation attribuée à Victor Hugo nous rappelle que l’expression populaire n’incarne ni un guide ni la voix d’une absolue vérité. Une affirmation qui raisonne dans notre actualité, tandis que le “Grand Débat national” est engagé et le “référendum d’initiative populaire”, par certains, réclamé.

L’étymologie semble définir un rapport pourtant clair entre les deux notions, entre démocratie et peuple, et nous invite volontiers à entendre la démocratie comme “gouvernement du peuple” ou “gouvernement populaire”. Un régime dans lequel le peuple dirait toujours la Vérité, sans jamais se tromper.

Formellement, le peuple est toujours souverain. La loi vient nous le rappeler, par exemple dans un procès, “Le jugement est rendu au nom du peuple français.

Si la démocratie était une finalité, nos démocraties occidentales modernes en seraient éloignées. Nous pouvons le constater au quotidien : les décisions sont prises par des élus, par des autorités administratives ou des magistrats, aux échelles locale, nationale, européenne et internationale. Les citoyens, le peuple, n’interviennent que ponctuellement dans la vie publique.

Cet écart constaté entre l’étymologie et la réalité est le fruit d’une construction multiséculaire de nos sociétés. La démocratie est non seulement un régime politique et un système de gouvernement particulier, qui peut prendre des formes différentes, monarchique ou républicaine par exemple, mais également une condition de constitution et d’existence du peuple et de pacification au sein de notre société. Une façon de créer un monde commun dans une société nécessairement caractérisée par la pluralité des opinions, des expertises et des idées.

Loin d’être un défaut de conception, notre démocratie représentative est certainement l’une des innovations politiques les plus intelligentes de nos sociétés occidentales, car capable de s’accorder à la diversité des situations et à l’évolution des circonstances.

Elle n’en demeure pas moins aujourd’hui discutée et contestée. Nos libertés politiques sont aujourd’hui interrogées, tout comme le sont les exigences de notre démocratie et les conditions de sa pérennité.