TABLE RONDE 1

L’EURO, UN PARI FOU ?

 Du traité de Maastricht à 2018 : petites et grandes histoires de l’union monétaire !

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ANIMÉ PAR

Thierry Fabre, Rédacteur en chef, Challenges

INTERVENANTS

Agnès Bénassy-Quéré, Économiste, Professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Présidente de l’AFSE (Association française de sciences économiques)

Daniel Cohen, Économiste, auteur de Il faut dire que les temps ont changé... (Albin Michel, 2018)

Sylvain Maillard, Député (LaREM) de la 1re circonscription de Paris

Valérie Rabault, Députée (SOC) de la 1re circonscription du Tarn-et-Garonne, Secrétaire de la Commission des Finances, Présidente du groupe Socialistes et apparentés à l’Assemblée nationale


L’introduction de l’euro est le fruit de différentes étapes visant à préparer, mettre en place ou améliorer – à travers différentes réformes – les institutions, les règles et les acteurs, en premier lieu les banques centrales et autres institutions financières, puis les entreprises et les citoyens, à la monnaie commune puis unique.

À ce titre, l’histoire de l’euro démarre à la fin des années 1960. Les débats et négociations devant mener à la réalisation de l’Union économique et monétaire (UEM), en particulier à l’introduction de l’Euro, sont déjà marqués par les oppositions nationales et le poids des relations internationales. Les discussions menées dans les années 1970 sont reportées dans le cadre de la crise de 1973.

L’idée d’introduction de l’euro est relancée en 1979, sous l’impulsion du nouveau « couple franco-allemand » formé par Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, avec la création du système monétaire européen (SME) et de l’unité de compte européenne (ECU), puis en 1988 avec l’institution du comité présidé par le Français Jacques Delors qui définira les différentes étapes de la mise en place de l’UEM.

L’euro n’a pas achevé l’UEM. Au contraire, son introduction devait constituer une étape – décisive toutefois – du processus d’intégration économique et politique européen : la seule existence de l’euro devait pousser les États à harmoniser leurs politiques économiques et fiscales et mettre en place une véritable union politique.

Le pari des pères fondateurs de l’euro est un demi-succès : l’UEM n’est pas achevée à ce jour et sa pérennité est menacée par des déséquilibres internes, des pressions externes et des oppositions

politiques fortes. L’Union repose aujourd’hui sur un corpus réglementaire et des institutions complexes, avec un pilier monétaire intégré, un pilier budgétaire coordonné et une stratégie de croissance commune.

Dans ce contexte, comment achever l’UEM sans revenir sur les acquis de la construction européenne ?