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Marie-Ève Malouines

Présidente Directrice Générale, LCP-AN


République, un vieux concept d’avenir

Le débat entre les anciens et les modernes est aussi vieux que l’opposition entre les progressistes et les conservateurs. Il se paie de mots en négligeant la force de l’action.

L’art politique passe par l’art oratoire. Mais la séduction du verbe n’est qu’un outil au service de l’objectif final du responsable public qui est d’agir conformément à ses engagements verbaux. L’art oratoire n’est pas une fin, il n’est qu’une étape.  Mais il est indispensable.

L’art politique serait trop simple s’il suffisait de faire et de se tourner vers les électeurs en leur disant “constatez par vous mêmes, voici ce que j’ai fait”.

Toute la difficulté de l’art politique consiste dans la difficulté à faire constater son action. Elle est difficilement mesurable. Même les chiffres ne peuvent prétendre apporter une vérité subjective, ils sont eux-même contestés. Si tant est que des chiffres puissent s’opposer à des sentiments ou à ressentiments. 

A force de ne pouvoir évaluer ses résultats, la politique a changé de registre. Elle était une action, elle est devenue un art. Or, l’art est subjectif, et surtout, soumis aux modes et à l’influence des chroniqueurs. Lesquels n’évaluent pas les résultats tangibles de l’action politique. Ils en jaugent les postures. L’analyse politique se résume aux commentaires sur la communication des acteurs politiques. Le mot lui-même a changé de sens. L’acteur politique n’est pas celui qui agit mais celui qui joue un rôle.

Heureusement, les livres ont le pouvoir de dépasser ces apparences. Parce que le lecteur s’y consacre en toute quiétude guidé par le seul goût de la connaissance. Qualité indispensable à un citoyen acteur de la République