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Franck RiesteR

Député de Seine-et-Marne, Coprésident du groupe UDI,

Agir et Indépendants à l’Assemblée nationale, Délégué national d’Agir


Une réforme en profondeur des institutions pour moderniser notre République

Instaurée il y a presque six décennies, la Vème République a démontré sa solidité face aux épreuves du temps. Depuis son adoption le 4 octobre 1958, notre Constitution, issue d’un compromis historique entre une tradition parlementariste et celle d’un exécutif fort, a ainsi permis à la France d’être gouvernée et de s’adapter à la construction européenne, à la décentralisation, aux évolutions sociales. Elle a prouvé son inépuisable capacité d’adaptation en épousant les contours des étapes successives de la Vème République : l’élection au suffrage universel direct en 1962, les différentes cohabitations, le quinquennat, etc. Révisée vingt-quatre fois, elle n’a cessé d’évoluer ; il convient à présent de continuer à l’adapter aux transformations du monde contemporain et de moderniser le fonctionnement de nos institutions.

A ce titre, dès son élection au printemps dernier, le Président de la République a annoncé une réforme en profondeur des institutions françaises. Il s’agit d’un sujet qui me tient particulièrement à cœur : je réclame de longue date un renouvellement des pratiques, des idées et du personnel politique. Je suis en effet persuadé qu’une telle réforme, si elle permet aux responsables politiques de gagner en efficacité et en réactivité et donc d’améliorer leur capacité de changer les choses, permettrait de retisser le lien de confiance avec nos concitoyens.

Seule une réforme d’ampleur serait à même de régénérer notre démocratie. Nous devons ainsi nous pencher sur la rationalisation du fonctionnement de l’exécutif, réfléchir à la revalorisation du rôle des territoires dans une République décentralisée. Au Parlement, réduire le nombre de députés et de sénateurs tout en renforçant leurs moyens et leurs équipes permettrait de revaloriser leurs missions, en particulier celle de contrôle de l’action gouvernementale, bien trop souvent négligée aujourd’hui. Surtout, il est essentiel de raccourcir et de simplifier le processus législatif. Actuellement, il peut y avoir jusqu’à huit lectures avant l’adoption définitive d’un texte, entre les commissions et la séance, à l’Assemblée et au Sénat, puis les commissions mixtes paritaires ou quelques députés et sénateurs décident de la version finale du texte de loi dans un véritable déni démocratique ; il est devenu flagrant que le temps de la loi ne répond plus aux exigences de rapidité des réformes à mettre en œuvre. Par ailleurs, j’estime que les discussions ne doivent pas se confiner à l’enceinte du Parlement : nous devons améliorer la qualité et la légitimité de la loi en amont, par des consultations citoyennes systématiques en amont du travail parlementaire.

La Journée du Livre Politique, qui explore à l’occasion de sa 27ème édition le thème des nouveaux enjeux de la République, participe d’ailleurs de ce débat citoyen nécessaire autour du projet de réforme des institutions. Je suis honoré de pouvoir, cette année encore, y apporter ma contribution.

Franck Riester,

Député de Seine-et-Marne, Coprésident du groupe UDI,

Agir et Indépendants à l’Assemblée nationale, Délégué national d’Agir