Elie tenenbaum

Partisans et centurions
Éditions Perrin

Partisans et centurions est un livre d’Histoire, rédigé par un chercheur, Élie Tenebaum, agrégé et docteur en Histoire. Il repose sur des ressources étendues, 85 pages de notes en fin d’ouvrage, afin d’approcher de façon globale un phénomène caractéristique du monde contemporain depuis le début du XXème siècle, de façon discontinue dans le temps et dans l’espace, celui de la guerre irrégulière. Les 16 chapitres qui composent cet ouvrage suivent un fil chronologique, des « sources de la guerre irrégulière moderne » à partir de la Premier Guerre mondiale (1914-1940) au « crépuscule de la guerre irrégulière au tournant des années 1970 », jusqu’à la fin du long XXème siècle (1975-2001).

Cette forme de conflit, mêlant combattants et civils, front et arrière, nationaux et étrangers, idéologie et géopolitique, par opposition à la guerre régulière, réglée et conventionnelle, soumise à des règles, « à la manière d’un ordre monastique », occupe une place prépondérante au XXème siècle, dans des contextes historiques, géographiques et géopolitiques différents. La réflexion globale que permet l’ouvrage d’Élie Tenenbaum, cependant centrée sur le point de vue occidental, comme l’indique le titre de l’introduction (« L’Occident face à la guerre irrégulière ») et malgré la place importante de l’Asie dans cette réflexion, nous invite également à analyser les raisons des succès et échecs de certains épisodes historiques. Il nous permet de rencontrer de nombreuses figures, politiques ou militaires, théoriciens ou praticiens, qui ont contribué à penser la stratégie de cette forme de guerre.

Cette lecture nous permet également de penser L’État, son rapport à la société et sa place dans celle-ci, ainsi que les dynamiques internes au sein des administrations, le cas échéant leurs réticences au changement. Autant d’analyses qui laissent penser que le « dépassement de la modernité », dans le champ stratégique, géopolitique et militaire, est un processus lui-même irrégulier.

Nous sommes sûrs d’une chose : la lecture de cet ouvrage contribue à mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons et ses transformations. L’auteur rappelle d’ailleurs que, « en tant qu’activité humaine, la guerre ne saurait exister hors du contexte politique, social et culturel qui l’engendre ».

 

Le Regard d’Edward