28E JOURNÉE DU LIVRE POLITIQUE

SAMEDI 30 MARS 2019

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DÉBAT N°4-15h35

Liberté individuelle, liberté des peuples : peut-on être libre hors démocratie ?


Animé par Arlette Chabot, journaliste, LCI, avec :

François-Xavier Bellamy, philosophe, adjoint (LR) au maire de Versailles ; Myriam Revault d'Allonnes, philosophe


Comparons trois pays-types et interrogeons-nous : dans quel pays sommes-nous le plus libre ?

Le premier pays-type connaît un régime démocratique et garantit le pluralisme politique, les libertés civiles, les libertés de la presse, mais il est également caractérisé par une pratique répandue du lobbying et des régulations contraignantes pour les individus et les entreprises au nom de la sécurité, de la concurrence et de l’égalité. C’est le cas par exemple des États-Unis.

Notre deuxième pays-type a un régime autoritaire mais défend le libre-échange et la mondialisation, à la recherche de la puissance de son pays et du bien-être de ses citoyens. Ce pays-type n’est pas sans rappeler le régime de la République populaire de Chine.

Le troisième pays-type a également un régime autoritaire, mais l’économie informelle y est généralisée et le droit peu développé. On retrouve de telles caractéristiques dans plusieurs pays africains ou sud-américains.

Démocratie n’est pas nécessairement synonyme de liberté. Les sociétés occidentales sont aujourd’hui face à cette réalité. La démocratie n’est jamais une réalité autonome, elle s’inscrit dans une société. Elle s’accorde et compose avec des régimes économiques et juridiques variables d’un pays à l’autre, plus ou moins favorable aux libertés, des politiques publiques susceptibles de défier les fondements de l’État de droit, et des pratiques, tel le lobbying, susceptibles d’altérer, déformer, voire - rappelons-le - corrompre, la démocratie.

Nous interroger sur les conditions de la liberté hors démocratie, c’est également nous interroger sur les conditions de la liberté en démocratie… Et de l’équilibre entre nos différentes libertés, par exemple entre notre sécurité et notre liberté de circuler. Il n’existe de liberté que conditionnée.

En protégeant les individus et les peuples de l’arbitraire, la démocratie, dans le cadre de l’État de droit, ne consacre pas seulement les libertés, elle crée les conditions de leur pérennité.