Débats

28e JOURNÉE DU LIVRE POLITIQUe

 
28JLP- FACEBOOK.png
 
 

DÉBAT N°1 - 9h40

Demande d’autorité,

revendication identitaire : même combat ?

Animé par Carole Barjon, éditorialiste politique, chef du pôle Dissensus, L’Obs


DÉBAT N°2-10h40

Peuple et démocratie,

quel malentendu !

Animé par Françoise Fressoz, éditorialiste, Le Monde 




DÉBAT N°3-14h35

XXIème siècle,

la grande fatigue démocratique ?

Animé par Michèle Cotta, éditorialiste, essayiste


DÉBAT N°4-15h35


Liberté individuelle, liberté des peuples :

peut-on être libre hors démocratie ?

Animé par Arlette Chabot, éditorialiste, LCI


 

28E JOURNÉE DU LIVRE POLITIQUE

SAMEDI 30 MARS 2019

28JLP- FACEBOOK.png

DÉBAT N°1 -9h40

 Demande d’autorité, revendications identitaires : même combat ?


Animé par Carole Barjon, éditorialiste politique, chef du pôle Dissensus, L’Obs, avec:

Anne Levade, Professeur de droit public, Présidente de l’Association française de droit constitutionnel ; Valérie Rabault, députée (SOC) de la 1ère circonscription du Tarn-et-Garonne, Présidente du groupe Socialistes et apparentés à l'Assemblée nationale ; Michel Wieviorka, Sociologue, directeur d’études à l’EHESS, Président de la Fondation Maison des sciences de l’Homme


Depuis la fin des années 90, la demande d’ordre et d’autorité de nos sociétés est croissante, comme en témoigne l’inflation législative dans le domaine de la sécurité et dans celui de l’immigration, ces trente dernières années. Cette inflation normative est-elle justifiée ? Menace-t-elle nos libertés ? Comment ?  

Dans la pratique, l’instauration de toutes ces nouvelles lois (ou normes) était-elle utile ? En clair, ces nouvelles règles comblaient-elles un vide ?

Ont-elles apporté de réels changements ?

Ou bien étaient-elles redondantes par rapport aux normes existantes ? En clair, étaient-elles surtout symboliques et destinées à satisfaire tel ou tel électorat ? 

Enfin, sont-elles toutes appliquées aujourd’hui ?

Parallèlement, les revendications identitaires de tous ordres n’ont cessé de se multiplier.

Sont-elles légitimes ?

Y a-t-il un lien entre cette demande d’autorité et les revendications identitaires ?

Les revendications identitaires se construisent-elles nécessairement sur le rejet d’un Autre ? Et, sont-elles toujours demandeuses d’autorité supplémentaire ?

A l’inverse, certaines d’entre elles sont-elles plutôt demandeuses de davantage de liberté(s) ?

Comment, dans une démocratie comme la France, concilier demande de liberté(s) individuelle(s), demande d’autorité et demandes identitaires et l’idéal d’épanouissement d’un monde commun partagé - les deux adjectifs ayant un sens particulier ?

Notre démocratie peut-elle aujourd’hui relever ce défi ? Comment ?

 
 

28E JOURNÉE DU LIVRE POLITIQUE

SAMEDI 30 MARS 2019

28JLP- FACEBOOK.png

DÉBAT N°2-10h40

Peuple et démocratie, quel malentendu !


Animé par Françoise Fressoz, éditorialiste, Le Monde avec :

Florian Bachelier, Premier Questeur de l’Assemblée nationale, Député (LaREM) de la 8ème circonscription d’Ille-et-Vilaine ; Alexis Corbière, député (FI) de la 7ème circonscription de Seine-Saint-Denis ; Dominique Reynié, professeur des universités à Sciences Po, directeur général de la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol) ; Dominique Schnapper, sociologue, politologue, ancienne membre du Conseil constitutionnel


La populace ne peut faire que des émeutes. Pour faire une révolution il faut le peuple”. En exaltant ainsi le peuple et en dénonçant son double dangereux, cette citation attribuée à Victor Hugo nous rappelle que l’expression populaire n’incarne ni un guide ni la voix d’une absolue vérité. Une affirmation qui raisonne dans notre actualité, tandis que le “Grand Débat national” est engagé et le “référendum d’initiative populaire”, par certains, réclamé.

L’étymologie semble définir un rapport pourtant clair entre les deux notions, entre démocratie et peuple, et nous invite volontiers à entendre la démocratie comme “gouvernement du peuple” ou “gouvernement populaire”. Un régime dans lequel le peuple dirait toujours la Vérité, sans jamais se tromper.

Formellement, le peuple est toujours souverain. La loi vient nous le rappeler, par exemple dans un procès, “Le jugement est rendu au nom du peuple français.

Si la démocratie était une finalité, nos démocraties occidentales modernes en seraient éloignées. Nous pouvons le constater au quotidien : les décisions sont prises par des élus, par des autorités administratives ou des magistrats, aux échelles locale, nationale, européenne et internationale. Les citoyens, le peuple, n’interviennent que ponctuellement dans la vie publique.

Cet écart constaté entre l’étymologie et la réalité est le fruit d’une construction multiséculaire de nos sociétés. La démocratie est non seulement un régime politique et un système de gouvernement particulier, qui peut prendre des formes différentes, monarchique ou républicaine par exemple, mais également une condition de constitution et d’existence du peuple et de pacification au sein de notre société. Une façon de créer un monde commun dans une société nécessairement caractérisée par la pluralité des opinions, des expertises et des idées.

Loin d’être un défaut de conception, notre démocratie représentative est certainement l’une des innovations politiques les plus intelligentes de nos sociétés occidentales, car capable de s’accorder à la diversité des situations et à l’évolution des circonstances.

Elle n’en demeure pas moins aujourd’hui discutée et contestée. Nos libertés politiques sont aujourd’hui interrogées, tout comme le sont les exigences de notre démocratie et les conditions de sa pérennité.

 
 
 

28E JOURNÉE DU LIVRE POLITIQUE

SAMEDI 30 MARS 2019

28JLP- FACEBOOK.png

DÉBAT N°3-14h35

XXIème siècle, la grande fatigue démocratique ?


Animé par Michèle Cotta, éditorialiste, essayiste, avec :

Jean-Louis Bourlanges, député (MoDem) de la 12ème circonscription des Hauts-de-Seine ; Olivier Duhamel, Président de la Fondation nationale des Sciences Politiques (FNSP), Professeur émérite des Universités à Sciences Po ; Gilles Finchelstein, Directeur général de la fondation Jean-Jaurès, directeur des études Havas Worldwide ; Brice Teinturier, Directeur général délégué, IPSOS France ; Cécile Untermaier, Députée (SOC) de la 4ème circonscription de Saône-et-Loire


“Plus rien à faire, plus rien à foutre” : une autre façon d’exprimer cette lassitude dans notre société. Brice Teinturier présentait ainsi  “la vraie crise de la démocratie”, dans un ouvrage qui a reçu le Prix du Livre Politique 2017. L’abstention électorale est le premier symptôme de cette réalité.

Parler de grande fatigue démocratique, c’est encore parler de grande fatigue du corps politique. Au-delà de la pratique du vote blanc et du vote pour des partis politiques différents des grands partis traditionnels, c’est un profond détachement à l’égard de la politique et une défiance grandissante à l’égard des principaux acteurs de notre démocratie - élus, journalistes et experts - qui ébranle notre système et éloigne chaque citoyen de notre démocratie.

Les expressions populistes, technocratiques, ou plus généralement illibérales, sont aujourd’hui autant de menaces à une démocratie considérée depuis la fin des années 1980 comme un acquis et un horizon indépassable pour tous les peuples du monde.

Dans le même temps, des formes nouvelles d’expression démocratique apparaissent, des solutions technologiques et numériques sont développées et proposées, des citoyens, des associations et même des entreprises s’engagent au nom de l’intérêt général, s’associent aux décisions collectives ou aux politiques publiques.

Ces constats et ces dynamiques, en apparence antagonistes, semblent révéler un double mouvement de repli diffus et de transformation au sein de notre société. La démocratie est-elle soumise à une forme de stagnation durable ou bien cette grande fatigue est-elle l’occasion d’un profond renouveau ?

 
 
 

28E JOURNÉE DU LIVRE POLITIQUE

SAMEDI 30 MARS 2019

28JLP- FACEBOOK.png

DÉBAT N°4-15h35

Liberté individuelle, liberté des peuples : peut-on être libre hors démocratie ?


Animé par Arlette Chabot, journaliste, LCI, avec :

François-Xavier Bellamy, philosophe, adjoint (LR) au maire de Versailles ; Myriam Revault d'Allonnes, philosophe


Comparons trois pays-types et interrogeons-nous : dans quel pays sommes-nous le plus libre ?

Le premier pays-type connaît un régime démocratique et garantit le pluralisme politique, les libertés civiles, les libertés de la presse, mais il est également caractérisé par une pratique répandue du lobbying et des régulations contraignantes pour les individus et les entreprises au nom de la sécurité, de la concurrence et de l’égalité. C’est le cas par exemple des États-Unis.

Notre deuxième pays-type a un régime autoritaire mais défend le libre-échange et la mondialisation, à la recherche de la puissance de son pays et du bien-être de ses citoyens. Ce pays-type n’est pas sans rappeler le régime de la République populaire de Chine.

Le troisième pays-type a également un régime autoritaire, mais l’économie informelle y est généralisée et le droit peu développé. On retrouve de telles caractéristiques dans plusieurs pays africains ou sud-américains.

Démocratie n’est pas nécessairement synonyme de liberté. Les sociétés occidentales sont aujourd’hui face à cette réalité. La démocratie n’est jamais une réalité autonome, elle s’inscrit dans une société. Elle s’accorde et compose avec des régimes économiques et juridiques variables d’un pays à l’autre, plus ou moins favorable aux libertés, des politiques publiques susceptibles de défier les fondements de l’État de droit, et des pratiques, tel le lobbying, susceptibles d’altérer, déformer, voire - rappelons-le - corrompre, la démocratie.

Nous interroger sur les conditions de la liberté hors démocratie, c’est également nous interroger sur les conditions de la liberté en démocratie… Et de l’équilibre entre nos différentes libertés, par exemple entre notre sécurité et notre liberté de circuler. Il n’existe de liberté que conditionnée.

En protégeant les individus et les peuples de l’arbitraire, la démocratie, dans le cadre de l’État de droit, ne consacre pas seulement les libertés, elle crée les conditions de leur pérennité.