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2e réunion de jury du Prix Brienne du Livre de Géopolitique 2015

 

Le 25 juin dernier, les membres du jury* du Prix Brienne du Livre de Géopolitique 2015 se sont réunis au Ministère de la Défense pour débattre des ouvrages en lice et sélectionner les cinq auteurs qui concourront au Prix (par ordre alphabétique de maison d'édition) :

 

-  Kissinger de Charles Zorgbibe (Editions de Fallois)

"Le destin de Henry Kissinger, jeune juif allemand réfugié à New York, est transformé par la Deuxième Guerre mondiale : il s'épanouit sous l'uniforme, découvre une autre Amérique, le «Sud profond», si éloigné des quartiers d'immigrés du nord de Manhattan, puis redécouvre, comme occupant, sa terre natale allemande. Vingt ans plus tard, il forme un couple inattendu avec le président Richard Nixon. Kissinger est-il le Talleyrand des Etats-Unis ? Il s'est affirmé comme un virtuose de la diplomatie, par sa compréhension de l'autre, l'empathie qu'il manifeste, son talent à mener des négociations au long cours, à exploiter les possibilités ouvertes par une crise. Il a tenté de greffer sa conception de l'ordre mondial - équilibre des puissances, réalisme politique, primauté de l'intérêt national - sur la tradition idéaliste américaine, héritée des Pères fondateurs et fondée sur le rejet des politiques de puissance et de la raison d'Etat. Un réalisme politique qui aurait pu mettre fin aux excès de la «république impériale» américaine et à son messianisme botté... si l'administration Nixon n'avait eu à assumer le fardeau vietnamien dont elle avait hérité. Kissinger aura finalement réalisé, en étroite association avec Richard Nixon, une vraie révolution dans l'histoire des relations internationales, en introduisant, avec un immense succès, la Chine sur la scène mondiale. Le système bipolaire figé né en 1945 laisse place au «triangle Washington-Moscou-Pékin». Ainsi le conservateur Kissinger aura-t-il dérobé aux révolutionnaires la foudre du changement."



-  La Vème République et le monde arabe d’Ignace Dalle (éditions Fayard) 
« En 1958, quand de Gaulle revient aux affaires, la France n’a plus de politique arabe. La guerre d’Algérie, l’expédition de Suez et la livraison à Israël de sa technologie nucléaire ont réduit à leur plus simple expression ses relations séculaires avec le monde arabe. Le Général rétablit les liens en restaurant la paix en Algérie et en offrant une troisième voie entre le soutien inconditionnel de Washington à Israël et l’appui de Moscou aux régimes socialisants. Mais c’est à l’initiative de Georges Pompidou que l’Europe des Neuf évoque pour la première fois, en 1973, « les droits légitimes » des Palestiniens. Si, par la suite, Paris a pu parfois faire entendre sa voix en ce domaine, c’est grâce à d’éminents ministres comme Michel Jobert, Claude Cheysson, Hubert Védrine ou Alain Juppé. Cependant, la France – pas plus que l’Europe – n’a guère pesé dans le règlement du contentieux israélo-arabe, encore moins depuis le réalignement de Nicolas Sarkozy sur Washington. Est-ce cette impuissance qui l’a conduite à se montrer trop souvent aussi affairiste et indifférente au respect des droits humains que ses partenaires dans ses relations avec les dictateurs ?  Il est vrai que la donne a changé avec l’apparition de l’islamisme radical, les menaces qu’il fait peser, et, par ailleurs, avec la difficile intégration d’une immigration maghrébine dans un contexte de crise économique et de réflexes sécuritaires. La France a peut être encore un rôle à jouer, des idées à défendre, mais lesquelles ? »



-  Le piège Daech – L’Etat islamique ou le retour de l’histoire de Pierre-Jean Luizard (éditions La Découverte)

« Le groupe État islamique, inconnu il y a encore quelques mois, a fait une entrée fracassante et sanguinaire dans l’actualité internationale. Profitant des crises en chaîne qui secouent l’Irak et la Syrie, « Daech » a pris le contrôle d’une vaste région et dispose aujourd’hui de gigantesques ressources financières. Sa volonté de construire un État le distingue nettement d’Al-Qaïda. Rompant avec nombre de commentaires à chaud, l’historien Pierre-Jean Luizard, grand spécialiste de la région, essaie de comprendre les succès de l’État islamique, dans le contexte de déliquescence des États de la région, notamment l’Irak et la Syrie. Il met au jour des logiques moins visibles, locales autant que mondiales, sociales autant que religieuses, dont les racines remontent au début du siècle dernier, à l’époque où l’Europe dessinait les frontières actuelles du Moyen-Orient. Dans cet essai qui fait dialoguer l’actualité immédiate et la grande Histoire, l’auteur explique pourquoi nous sommes aujourd’hui tombés dans le « piège Daech ».

 

 



-  La nouvelle Turquie d’Erdogan – Du rêve démocratique à la dérive autoritaire d’Ahmet Insel (éditions La Découverte)

"Depuis 2002, la Turquie est dirigée par l'AKP (Parti de la justice et du développement) et par son leader charismatique, Recep Tayyip Erdogan. Ce pouvoir "musulman-démocrate" a profondément modifié le pays : l'urbanisation, forte croissance de l'économie, négociations avec l'UE, rôle majeur au Moyen-Orient, etc. Pour autant, le bilan de ce long règne est ambivalent. Les avancées sur le front de la démocratisation ont progressivement laissé place à un autoritarisme rampant et à une politique de réislamisation de la société. L’armée turque a perdu son rôle de tutelle du régime, au prix de procès politiques fortement entachés d’irrégularités. Depuis 2008, les négociations avec l’UE piétinent. Des pas courageux pour résoudre le problème kurde ont été suivis par des mesures répressives, qui se sont étendues à l’ensemble des revendications démocratiques. Les protestations de Gezi, en 2013, ont révélé le visage autoritaire du pouvoir et les mutations en cours de la société. Dans cet essai documenté, Ahmet Insel nous éclaire sur les facteurs d’ascension de l’AKP, la stratégie politique et la persistance des succès électoraux d’Erdogan malgré les affaires de corruption et la lutte ouverte avec la communauté Gülen. Il montre ainsi que la société turque est constamment tiraillée entre culpabilités refoulées et désir de libération, entre peur de perdre son identité socio-historique et volonté d’être pleinement dans le monde moderne. »




Irak, la revanche de l’histoire – De l’occupation étrangère à l’Etat islamique de Myriam Benraad (Vendémiaire éditions)

« L’État islamique, ou Da‘ech, apparaît aujourd’hui, dans les médias et les représentations politiques, comme l’adversaire absolu de l’Occident, celui qui multiplie attentats et actes de barbarie, qui met le Moyen-Orient à feu et à sang et qu’il faut combattre à tout prix. À l’origine de cet état de guerre perpétuelle et de ce chaos dans lequel ont sombré les populations civiles, il y a, bien entendu, l’intervention américaine du printemps 2003, qui fit des sunnites, accusés d’avoir soutenu le régime de Saddam Hussein, des parias dans le jeu politique irakien, et qui a laissé derrière elle un champ de ruines. Mais il y a aussi, et c’est tout l’intérêt de cet ouvrage que de le démontrer, le partage du Moyen-Orient par les puissances coloniales britannique et française à la suite de la Première Guerre mondiale et du démembrement de l’Empire ottoman : c’est alors que furent créées ex nihilo des frontières qui convenaient aux autorités mandataires mais ne recouvraient aucune réalité historique. Une fois ce constat dressé, et les responsabilités de chacun établies, on comprend mieux les enjeux de l’effroyable désastre qui a frappé la région, et dont aucune analyse, privée de cette perspective de fond, ne permettrait de rendre compte. »

 

 

Nous donnons rendez-vous au jury le 9 septembre prochain, date à laquelle se déroulera la troisième réunion et seront sélectionnés les trois ouvrages finalistes du Prix Brienne du Livre Géopolitique 2015. 

 

 

(*) Jury du Prix Brienne du Livre de Géopolitique : 
Yves Lacoste, géographe spécialiste de géopolitique ; Jean-Yves Le Drian, Ministre de la Défense ; François Roussely, Haut fonctionnaire, Vice-président du Crédit Suisse en Europe ; François Bazin, journaliste, écrivain et essayiste Luce Perrot, Présidente, Lire la Société Claude-France Arnould, Diplomate, ancienne directrice de l’Agence européenne de Défense ; Philippe Barret, Inspecteur général de l’éducation ; Hélène Carrère d’Encausse, Historienne spécialiste de la Russie, Secrétaire perpétuel de l’Académie française ; Frédéric Charillon, Directeur et co-fondateur de l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (IRSEM) ; Frédéric Encel, Docteur HDR en géopolitique, maitre de conférences à Sciences Po Paris ; Philippe Errera, Directeur des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) au sein du ministère de la Défense ; Louis Gautier, Secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale, Professeur des université à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, Ancien conseiller du Premier Ministre Lionel Jospin pour la Défense, conseiller maître à la 3ème Chambre de la Cour des comptes; Béatrice Giblin, Directrice d’Hérodote, Fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique ; Nicole Gnesotto, Présidente du conseil d’administration de l’IHEDN, professeur titulaire de la chaire d’Union européenne au Conservatoire national des Arts et Métiers (CNAM);  Marc Guillaume, Secrétaire général du gouvernement, Conseiller d’Etat ; François Heisbourg, Président du Conseil d’administration de l’International Institute for Strategic Studies ; Jacques Lanxade, Amiral de la marine nationale française, ancien chef d’état-major particulier du Président de la République, ancien chef d’état-major des armées françaises ; Anne-Clémentine Larroque, maître de conférences à Sciences Po Paris ; François d’Orcival, Président du comité éditorial de Valeurs actuelles, membre de l’Académie des sciences morales et politiques ; Jean-Dominique Merchet, Journaliste Défense, L’Opinion ; Bernard Thorette, Général, ancien chef d’état-major de l’armée de terre ; Maurice Vaïsse, Professeur agrégé d’histoire à Sciences Po, spécialiste de l’histoire des relations internationales, Président du Conseil scientifique pour la recherche historique au ministère de la Défense ; Hubert Védrine, Avocat, Ancien ministre des Affaires étrangères ; Michel Wieviorka, Docteur d’Etat ès Lettres et Sciences Humaines, Directeur d’études à l’EHESS, Administrateur de la Fondation de la Maison des Sciences de l’Homme



Comité de lecture :
Pierre Bayle, Directeur de la Dicod (Délégation à l’information et à la communication de la Défense) ; François Bazin, journaliste, écrivain et essayiste ; Gaëtan Bruel, Conseiller pour les discours, la mémoire, la culture et la recherche, Cabinet du Ministre de la Défense ; Cédric Lewandowski, Directeur de cabinet du Ministre de la Défense ; Jean-Claude Mallet, Conseiller spécial du Ministre de la Défense ; Philippe Méchet, Secrétaire général de Lire la Société ; Ousmane Ndiaye, Responsable de la rubrique Afrique du Le Courrier International Paul Serre, Directeur adjoint de cabinet du Ministre de la Défense ; Antoine de Tarlé, Président du directoire des Editions Ouest France

 



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